LES LÉGENDES DE LA MORT // A BRAZ OUVERTS
A COUP D’HISTOIRES TRADITIONNELLES ET DE CROQUIS DU MONDE BRETON DE LE BRAZ, LE CONTEUR ACHILLE GRIMAUD ET LE VIOLONCELLISTE ALDO RIPOCHE NOUS ENTRAÎNENT, EN VOIX ET EN MUSIQUE, DANS DES RÉCITS D’UNE BRETAGNE PAS SI LOINTAINE.
« On ne s’attaque pas à un monument comme celui-là d’un coup. C’est un travail de lecture, à différents moments de la vie. J’ai commencé quand j’étais étudiant et j’avais été marqué par les légendes de la mort, par l’écriture cinématographique que Le Braz pouvait avoir. Il apporte des images très fortes et on se fait le film dans sa tête. Voilà ce que je défends dans le conte : comment une parole peut devenir tout d’un coup un film pour le spectateur.
Pas de décor. Une lumière plein feu avec, par moments, juste un projecteur braqué sur le pupitre. « Plus on ajoute d’artifices, moins les gens ont la faculté de partir dans l’imaginaire », explique Achille Grimaud. « Je suis une sorte de conteur. J’incarne le récit, et tout à coup, je vais faire un personnage. » Seuls comptent la voix et le son de la viole qui vient se poser sur l’histoire. Les paysages de la Bretagne d’Anatole Le Braz se dessinent alors: le vent souffle, l’eau pénètre la terre, la lande s’étend. Une force vitale qui se révèle en creux dans cette obsession d’une mort omniprésente.
« Je n’ai pas pris que des histoires mais aussi ce que Le Braz appelait des croquis, des portraits de personnages bretons. Il allait, observait et commençait à dessiner un portrait, d’une lavandière, de coiffes bretonnes sur toute une page, d’un village. Comme beaucoup d’écrivains à l’époque, il s’arrêtait et sortait des poèmes. C’était des chroniqueurs poétiques. Très vite, je me suis dit qu’il était intéressant de glisser ces croquis entre les histoires, car cela remet les choses dans leur contexte. Dire dans quelle Bretagne Le Braz, collecteur, a écrit. »



